Technique et violence plicières

Publié le par groupeideesnoires.over-blog.fr

 

La kfet sur yvette ou chez yvette  est une asso sur le campus universitaire d'Orsay (91) : vente de sandwich le midi, bar l'après-midi, baby foot, jeux en tout genre mais surtout des concerts gratuits tous les vendredi depuis 4 ans.

 

Vendredi 18 avril, soirée funk avec des groupes funk-rap des Ulis (91), le concert se déroule alors dans une ambiance conviviale. Lors de la soirée, un accrochage bénin est réglé par le dialogue en interne.  Peu après, des "gardiens de la paix" sont remarqués à l’extérieur. Très vite, ils demandent une évacuation.

 

L'évacuation ne se fait sûrement pas aussi vite et pas avec autant de bonne volonté que le voudrais les flics. Le groupe qui ne peut pas finir son spectacle improvise "assassin de la police" sur scène tandis que  les premières personnes commencent à sortir. Une jeune fille jette le fond de sa bière sur un flic. Les cognes, équipés de matériel anti-émeute (lacrymogènes, flashballs, chiens et tonfas) investissent alors la salle.

 Une trentaine de personnes est encore présente quand des grenades lacrymogènes sont tirées (dans un préfabriqué de ~90m2). Elles sont immédiatement suivies de tirs de flashballs. Dans la panique, tout le monde sort et dans la bousculade le fauteuil roulant d'un spectateur est endommagé. Les flics attendent à l’extérieur et tirent, à vue, au flashball. Une véritable chasse à l’homme s’organise alors que des gens tentent de regagner leur domicile.  Il n’y a eu aucun contrôle d’identité, aucune interpellation. Des blessés se sont présentés à l’hôpital d’Orsay pour y être examiné.

 

C'est une scène de maintient de l'ordre normale dans une société dite démocratique normale. Parler d'abus de pouvoir ou de bavure est un peu vain, dans le cas présent, ça n'est pas une "bavure" mais une "technique de police". En effet, c'est ainsi qu'on apprend aux jeunes policiers à disperser un attroupement récalcitrant. Si le pouvoir a armé sa police de flashballs, de tonfas, de gaz lacrymogènes et de chiens, ça n'est pas pour faire joli, c'est pour les utiliser contre ceux qui ne rentrent pas dans le rang, qui n'obéissent pas assez vite, qui résistent. Apparemment, on n’est même pas obligé d'enfreindre la loi pour être victime de violence policière. Puisqu'il n'y a eu aucune arrestation, c'est bien la preuve que la police n'avait rien à reprocher a personne d'un point de vue légal. Mais il y a des individus qui sont considérés comme suspects par nature.

 

Dans ces conditions on comprend pourquoi les procédures judiciaires mises en route (IGS, CNDS...) ont peu de chance d'aboutir. Mais il faut quand même les mener, ne serait-ce que pour ouvrir les yeux de certains naïfs qui n'ont pas encore compris que le droit est au service de la  police, au service d'une domination et au service d'un monde inégalitaire et brutal.

 

Plus de cinq mois après, aucune plainte n'a aboutie, aucun flic n'a été inquiété. Tout continue comme si de rien était.

 

Et encore, ici, ça n'est pas trop grave, on a eu "que" des blessés. Mais les flics se permettent aussi de tuer impunément. Quel flic a été condamné pour la mort de Zied et Bouna, de Larami et Mushin ? Les affaires se succèdent et se ressemblent. Nous n'oublierons jamais:

 

Ali Rezgui à Grigny (sept 2000), Georges Mondésir mort, plaqué au sol à Châtenay-Malabry (sept 02), Lamine Dieng 25 ans, mort dans un fourgon de police, Paris 20ème (juin 07), Chulan Liu, 51 ans, saute par la fenêtre à l’arrivée de la police, à Paris (sept 07), Reda Semmoudi, sans-papiers "tombé" du 9ème étage lors d’une perquisition (janv 08), Baba Traoré, poursuivit par la police, il se noie dans la marne (avril 08) ...

 

http://www.orsayenlutte.info/

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