L'exemple grec

Publié le par groupeideesnoires.over-blog.fr

La Grèce s’enflamme, la Grèce se bouge, la Grèce sait dire non à l’oppression.

 

Dans la soirée du samedi 6 décembre 2008, un policier a tiré trois balles sur Alexandros Grigoropoulos, un jeune anarchiste de 15 ans : il est mort sur le coup.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Dès le lendemain, des manifestations émeutes ont éclaté dans le quartier Exarchia (situé dans le centre d’Athènes). A Salonique (deuxième ville du pays), Komotini, Loannina, Hania (en Crête), plusieurs centaines de personnes sont aussi descendues dans la rue pour protester contre les violences policières.

Lundi, mardi, mercredi, jeudi, le mouvement de protestation a continué de s’étendre (à Patras, Larissa, Volos, Kalamata, Zante) et ne s’est pas essoufflé.

Depuis dimanche, 25 commissariats ont été assiégés à Athènes et ses alentours. Les environs de la prison de la capitale ont aussi été le théâtre de sit-in et d’affrontements avec les forces de police grecques.

A l’heure actuelle (jeudi 6 décembre), le hall du métro est encore occupé par des anarchistes, tout comme plus d’une centaine d’écoles et d’universités. L’université d’économie, bloquée et occupée, rédige, imprime et diffuse des tracts, des affiches et des journaux dans l’espoir d’étendre le mouvement et de lui donner encore davantage d’ampleur.

Certains étudiants songent même désormais à bloquer les routes autour de la capitale.

             Mercredi 7 décembre, une grève générale a été lancée dans toute la Grèce pour protester contre la réforme des retraites, la hausse des prix et la répression policière. Très suivie, la grève a paralysé le pays pendant 24h : les transports sont restés immobiles, les universités non-occupées ont été fermé, les commerces sont restés clos, le ramassage des ordures n’a pas été assuré, les banques ont fonctionné au ralentis, et de nombreuses coupures de courant sont intervenues. En parallèle, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute la Grèce (travailleurs, étudiants et retraités).

             Face à cela, les forces du désordre répriment abondamment : du samedi 6 au jeudi 11 décembre, 108 personnes ont été arrêtées. Mais les policiers peinent… et oui, l’ampleur de la contestation les dépasse ! Depuis le début du mouvement, ils auraient utilisé plus de 4 500 grenades à gaz et leurs stocks seraient épuisés (ils attendraient des commandes à l’étranger !)

             Face au capitalisme et à l’autoritarisme (et la répression qui l’accompagne), les Grecs ont su se mobiliser efficacement : en à peine cinq jours, des manifestations quotidiennes, des occupations et une grève générale ont été lancées.

             

             Peut-on en dire autant de nous ? Le 29 novembre 2008 (il y a à peine deux semaines), dans l’Oise, un jeune homme de 20 ans a été tué par balles par un gendarme. L’affaire est passée comme une lettre à la poste sans aucune réaction… Alors qu’en Grèce des milliers de gens descendent dans la rue et affrontent la police, en France, on se contente de laisser l’affaire à la justice dans les mains de quelques magistrats… c'est peut-être le climat, mais quand on a trop froid, le feu, ça réchauffe !

 

Guillaume Goutte, groupe Idées noires de la Fédération anarchiste

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