Expulsion à Bagnolet : part 2

Publié le par groupeideesnoires.over-blog.fr

Témoignage d’un expulsé : « je n’étais même pas là quand la police est arrivée le matin, j’étais déjà parti travailler, les autres m’ont appelé au téléphone: il y a la police, ils nous mettent dehors, il faut que tu viennes… Je suis retourné au squat et là impossible de rentrer récupérer mes affaires, je n’ai que ce que j’ai sur moi.. je ne peux même pas changer de vêtements.., tu vois, lui, tout ce qu’il porte des gens lui ont donné…. Ils tapaient à ta chambre et t’évacuaient, dès que tu étais sortis, ils arrivaient  derrière toi et ils démolissaient tout…on a tout perdu…même la nourriture, les cigarettes achetés en commun. Tu comprends, y’en a qui travaillent et d’autres pas alors on achètent et on fait la bouffe pour tous. Au début, y’en a un qui a essayé de résister à l’expulsion, il a été menotté et a passé toute la journée au poste de police. »

 

Dans la nuit de mercredi à jeudi 11 février, les expulsés se sont installés dans la rue dans des tentes avec des sacs de couchages, ils ont été délogés par la police au petit matin et tout le matériel a été saisi !

 

Jeudi soir les expulsés ont passés toute la nuit dehors au croisement rues Victor Hugo et Robespierre sans tentes ni sacs de couchages. Quatre cars de police étaient présents, ceux-ci étaient habillés en « robot cop » et bloquant une partie de la rue Victor Hugo dont l’accès au 92. La Confédération Paysanne a ouvert ses bureaux pour leur permettre de se réchauffer un peu, à tour de rôle.

 

Vendredi matin, un tract a été diffusé au métro pour appeler à un soutien pour le rassemblement le soir à 18h. Le rassemblement a eu lieu jusqu'à 19h sur place avec environ 200 personnes puis départ en cortège pour rejoindre la mairie de Bagnolet ou devait se tenir le conseil municipal. La police anti-émeute (environ 50) a ouvert la voie, devant la manifestation….!!! un détail à noter : la police était sans casque, cela est sûrement du à la médiatisation de cette expulsion et à la présence dans la manifestation de différentes organisations car tous les autres jours la police était avec casque et « armure complète » ! Devant la mairie, il y a le « comité d’accueil policier », puis une prise de parole au mégaphone. Le discours de cette personne était vraiment « convenu », à dire que le dialogue avait la mairie était renouée… sifflements des gens sur place, décision des rester groupés et solidaires et retour de la manifestation au piquet en face des forces de police.

 

Dimanche rassemblement de soutien à 11h. pas d’infos

 

Dimanche à lundi : encore une nuit dehors

 

Lundi à mardi : les flics ont levé le camp vers 18h, vers 22 heures les expulsés ont récupérés 5 ou 6 tentes, ils vont dormir dedans sur le trottoir.

 

Mardi matin 8h : les flics ne sont pas revenus.

Je ne comprends même pas pourquoi les flics sont restés tous ces autres jours à bloquer l’entrée du squat. Cela n’a pas de sens : le squat est totalement démoli, rien ne peut être récupéré.

Comble de l’arrogance : ils ont juste laissé la façade sur rue murée…

 

Mes impressions : les expulsés sont très déterminés mais s’usent à passer et à dormir tous ces jours glacials dehors. Ils ne veulent pas faire un nouveau squat, ils veulent obtenir des logements pour tous. Ils sont une quarantaine d’expulsés. La mairie aurait proposé 19 logements ou hébergements. Ils ont refusé.

Pour mieux les évacuer et les anéantir, ils sont évidemment criminalisés : prostitution, drogue… Bientôt ils seront accuser de « traite des blanches » !

Le DAL est présent mais je trouve que les soutiens manquent notamment dans les habitants et autres orgas. Je crains que cette situation s’installe, qu’elle se banalise et qu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils demandent.

Je trouve les expulsés formidables car alors qu’ils sont dans la « merde » la plus totale, ils font de l’humour, ironisant sur le capitalisme, et « le pays des droits de l’homme et de la femme »…

 

Groupe Idées noires de la Fédération anarchiste

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